Editorial

Apprendre à diriger

Chers lecteurs, chères lectrices,

Quand il s’agit de choisir et de faire évoluer des dirigeants, quatre éléments sont importants à mes yeux.

Premièrement, les dispositions de base d’une bonne direction sont restées les mêmes au fil des années: le travail de direction est plus efficace quand les dirigeants disposent de bonnes compétences sociales, sont stables sur le plan émotionnel, ont une bonne capacité de jugement, sont conscients d’eux-mêmes tout en faisant preuve d’intégrité et d’intelligence.

Deuxièmement, les dirigeants sont confrontés à de nombreux champs de tension et à un monde du travail connecté et fragmenté, qui nécessitent une grande capacité de gestion personnelle et des compétences en matière de coopération. Perdurer dans un tel environnement nécessite de nouer des relations durables. Impliquer les collaborateurs dans la détermination des objectifs, les encourager (ou leur imposer des exigences) et développer une culture de confiance permet d’accroître l’efficacité, de sorte que les collaborateurs aient confiance en eux-mêmes et que moins d’interventions soient nécessaires.

Troisièmement, les dirigeants doivent pouvoir couvrir un large éventail de comportements pour honorer leurs différents rôles. Le concept souvent évoqué de la «direction à deux mains» est un exemple de «double compétence»: il s’agit de réduire les coûts et d’optimiser les systèmes existants, tout en dégageant de l’espace pour les innovations.

Quatrièmement: déléguer le pouvoir et la responsabilité (c’est-à-dire partager le travail de direction) permet de soulager le cadre. La complexité grandissante ne peut être surmontée par un corset structurel renforcé ou une conduite plus directive, mais uniquement par l’implication, des règles intelligentes et des valeurs communes.

Plus la direction est complexe et coûteuse, plus les programmes de développement des dirigeants doivent être ciblés et davantage axés sur l’expérience pratique, et plus il est important d’avoir la capacité de s’auto- diriger et de réfléchir sur soi-même, ses propres résultats et son expérience.

Je serais ravi si vous pouviez trouver dans cette brochure des pistes de réflexion sur votre propre travail de direction.

Jürg Eggenberger
Directeur ASC