,

L’avenir de l’encadrement

Entretien express avec Petra Kipfelsberger

Dans un entretien express, Petra Kipfelsberger, post-doc et chargée de cours à l’Institut de direction et ressources humaines de l’Université de Saint-Gall, évoque le meilleur style de direction, les nouveaux modèles de leadership et l’avenir de la gestion du personnel.

Quel est le principal enseignement que vous avez tiré à ce jour de votre activité de recherche sur l’encadrement?

L’une des principales missions des cadres consiste à donner un sens au travail aux yeux des collaborateurs. Nos recherches montrent qu’une chose est essentielle pour remplir cette fonction: il faut en effet que les cadres eux-mêmes considèrent que leur travail a un sens. Lorsque c’est le cas, ils peuvent réellement inspirer leurs collaborateurs.

L’opposition entre numérique et analogique s’amplifie aussi avec la digitalisation croissante. L’évolution du monde du travail conditionne-t-elle de nouvelles formes d’encadrement? Dans quelle mesure les modèles actuels peuvent-ils perdurer?

Un monde numérique requiert une combinaison appropriée de ressources numériques et analogiques. Il est possible de s’appuyer sur des modèles existants, mais certains facteurs éprouvés prendront de l’importance: une bonne culture de la confiance, une grande capacité d’autogestion des collaborateurs et un objectif commun que les cadres mais aussi les collaborateurs jugent personnellement utile.

Laissez-faire, autoritaire, participatif… la liste des styles d’encadrement possibles est longue. Y a-t-il à votre avis un «style d’encadrement royal»?

Pour moi, le style d’encadrement est avant tout l’expression de l’attitude intérieure sous-jacente du cadre vis-à-vis des collaborateurs et de ses valeurs. L’intention sur laquelle se fonde la délégation est particulièrement importante. Si le cadre parvient à faire comprendre le «pourquoi» aux collaborateurs et si ce «pourquoi» est dans l’intérêt de l’entreprise, mais aussi du collaborateur, il est fort probable que les collaborateurs déploient volontiers leur potentiel et leurs talents et accomplissent leurs tâches au mieux par conviction personnelle.

La manière dont les clients ressentent le contact avec les collaborateurs est déterminante pour l’image d’une entreprise. L’encadrement joue un rôle important quand il s’agit d’influencer le comportement envers la clientèle. Quel est le comportement optimal du chef?

Le chef doit toujours assumer une fonction de modèle. Il doit lui-même se charger des requêtes importantes et entretenir un contact avec le client visible pour les collaborateurs; de préférence par conviction personnelle et non pas sens du devoir.

Des robots se chargeront de plus en plus de certains travaux au cours des prochaines décennies. Quelle sera selon vous l’incidence de cette évolution sur la direction?

Les compétences d’encadrement seront encore plus importantes. Les compétences sociales et émotionnelles seront plus recherchées que jamais. Une planification et un encadrement durables et prévoyants sur la base d’objectifs à long terme prendront de l’importance.

Nouvelle année, nouveau Leader

Chers lecteurs, chères lectrices,

Le grand moment est enfin arrivé: vous tenez entre les mains notre nouveau LEADER, le magazine entièrement remanié de notre association, dont nous sommes très fiers. L’an dernier, nous avons atteint un point où nous avons dû admettre que le magazine LEADER ASC, tel que vous le connaissiez, n’était plus conforme à nos exigences. En tant qu’association de cadres tournée vers l’avenir, nous assumons en effet un rôle de pionnier. Nous avons donc décidé de redessiner entièrement le LEADER ASC l’an dernier: la mise en page mais aussi les contenus ont ainsi été profondément remaniés. À l’ère du numérique, nous misons sur une combinaison de revue électronique et d’édition imprimée. Les éditions seront certes moins nombreuses en Suisse alémanique, avec quatre magazines par an, mais elles seront plus complètes. Toutes les quatre paraîtront en tant que eLEADER sur notre nouvelle plate-forme optimisée pour les mobiles et deux d’entre elles seront en outre imprimées. Désormais, il existe enfin aussi un magazine dédié pour la Suisse romande, d’un volume légèrement inférieur à celui de l’édition en langue allemande, mais avec des contenus sur mesure.

Le niveau rédactionnel est toujours aussi élevé: l’année 2017 sera entièrement placée sous le signe de l’opposition très actuelle et intéressante entre le numérique et l’analogique et la présente édition se consacre aux exigences posées au dirigeant moderne. Nous espérons pouvoir vous proposer de nouveaux points de vue et perspectives ainsi qu’une inspiration qui transcende la routine quotidienne. N’hésitez pas à vous faire votre propre opinion, car le nouveau LEADER a tous les atouts nécessaires. Je vous souhaite donc une agréable lecture et beaucoup de plaisir à parcourir cette édition!

Jürg Eggenberger
Directeur ASC