Inside ASC

Le leadership, entre tradition et storytelling

Plus de 150 membres de l’ASC ont expliqué le rôle que joue le storytelling pour les entreprises à l’occasion du LeaderCircle à Zurich.

Les dirigeants ne sont pas les seuls à avoir besoin de raconter une histoire percutante pour renvoyer une bonne image d’eux-mêmes. Les entreprises aussi doivent se présenter sous leur meilleur jour et progresser dans le respect de leurs valeurs. Dans son discours d’ouverture, Franziska Vonaesch, coauteure du guide Beobachter «Storytelling für KMU» (non traduit en français), explique comment les petites entreprises adoptant une approche professionnelle peuvent elles aussi attirer l’attention.

Daniel Bloch, des Chocolats Camille Bloch, a captivé le public lors de son échange avec le rédacteur en chef de la «Handelszeitung», Stefan Barmettler, en racontant comment le fabricant du célèbre Ragusa a su moderniser sa gamme et son offre de produits. Carla Jane Kaufmann, née dans une famille d’entrepreneurs et qui a acheté sa première entreprise à 30 ans, est actuellement en tournée dans toute la Suisse avec le «Nachfolgebus». Elle associe ainsi l’impact des réseaux sociaux à l’efficacité de la présence physique. L’expert en communication Christoph Richterich conseille des entreprises renommées et retient les expériences qui pourront servir d’exemples pour illustrer l’essentiel du storytelling en tant que stratégie marketing.

Les participants se sont accordés sur un point: l’humour va de pair avec le storytelling. Si l’on est capable d’autodérision, on peut également communiquer sur des sujets difficiles avec une certaine légèreté.

Ne manquez pas le 43e LeaderCircle le 17 juin 2019!

Jürg Eggenberger (Association suisse des cadres, ASC)

André Hagenbuch (aha coach GmbH) et Jacinda Sroka (Training & Coaching für Profil und Stimme, en français Formation et coaching en posture et voix)

Stefan Barmettler («Handelszeitung») et Christoph Richterich (Richterich & Partner AG)

Stefan Barmettler (Handelszeitung), Christoph Richterich (Richterich & Partner AG), Carla Kaufmann et Daniel Bloch (Chocolats Camille Bloch SA)

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La créativité exige de la confiance

Chers lecteurs, chères lectrices,

Les règlements sont des interventions étatiques qui corrigent les dysfonctionnements du marché dans l’intérêt public ou visent à restreindre les risques d’origine anthropique, par exemple liés à la pollution ou aux techniques modernes. Ils favorisent aussi l’égalité des chances sur le marché, comme l’illustre la déréglementation des monopoles dans le cadre de l’ouverture du marché de l’Union européenne.

Réglementer n’est en soi ni bénéfique, ni néfaste. Cependant, la densité croissante des réglementations en Suisse s’attire la critique. L’appel à la réduction des charges administratives des entreprises se fait de plus en plus pressant. Le marché doit renouer davantage avec une régulation autonome. Un regard vers le passé suffit pourtant à établir qu’avant comme après la crise, les marchés financiers étaient pareillement incapables de reconquérir en toute indépendance la confiance. Par ailleurs, du fait de la globalisation croissante et du réseautage international, de nombreux risques et dysfonctionnements du marché ne peuvent être évalués et gérés qu’à l’échelle transnationale, à l’image de la gestion des droits relatifs à la propriété et à l’utilisation de biens non matériels.

Le réseautage sans frontière, grâce à Internet et aux technologies numériques qui en dérivent, a certes suscité une grande créativité et une poussée innovatrice. Il comporte cependant aussi de nouveaux risques. Citons par exemple l’utilisation abusive des données de clients dans Facebook ou les accidents provoqués par des voitures autonomes et causant des blessés ou des morts. Un autre exemple en sont les nouveaux modèles commerciaux émergeant dans le cadre de l’économie du partage. Ils offrent des formes de travail flexibles, dans le cadre desquelles les travailleurs sont encore trop mal définis et de ce fait sommairement protégés par la loi. Légalement, les chauffeurs Uber ne sont pas assimilables aux chauffeurs de taxi.

Dans ce contexte, les règles et normes ont pour but d’encadrer de manière structurée les progrès techniques et de dégager parallèlement des champs d’expérimentationpour la recherche et l’économie.

Sans réglementation, la créativité à l’époque d’Internet et de l’intelligence artificielle ne connaîtrait aucune limite en dehors de la gouvernance définie par les entreprises elles-mêmes.Or celle-ci ne fonctionne que si une culture d’entreprise reposant sur les principes éthiques est implémentée.

Si la réglementation peut être considérée comme néfaste pour l’économie, elle a également le pouvoir de renforcer la confiance envers les technologies et les développements. Et bien qu’ayant tendance à être perçue comme positive et inspirante, la créativité peut elle aussi être à l’origine de difficultés, lorsqu’elle permet d’exploiter les lacunes de la loi, voire de la manipuler. Les règlements doivent avoir du sens et viser à pallier les défaillances ou les dysfonctionnements du marché, de même que les risques. Ils doivent être efficaces et leur mise en œuvre doit être avantageuse et équilibrée. Il vaut la peine d’ouvrir le débat sur ce qui distingue les bons règlements et sur la part de responsabilité des parlementaires et lobbys dans ce processus.

Jürg Eggenberger
Directeur ASC

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L’Impact Hub – ou comment des leaders de l’ancienne et de la nouvelle économie se retrouvent autour de la table

L’Impact Hub est «une source d’innovation et de collaboration», affirme Roger Wüthrich dans GEO. L’Impact Hub Bern se décrit lui-même comme le «meilleur du workspace, du laboratoire d’idées, de l’incubateur d’entreprises et du réseau en un seul lieu». De belles paroles, mais que représentent-elles concrètement? Jetons un œil à la vie intérieure de l’Impact Hub Bern.

Lundi soir, fin octobre 2016, au dernier étage de l’ancien magasin de musique «Krompholz» à Berne: les six fondateurs de l’Impact Hub Bern, tous âgés de 25 à 35 ans, se tiennent sur une estrade artisanale et parlent de «community» et de «start-up». Ils font face à une soixantaine de personnes installées sur des chaises en bois inconfortables qui les écoutent attentivement. Parmi celles-ci, l’entrepreneure Nicole Loeb, l’ancienne ambassadrice américaine Suzie LeVine et Roger Wüthrich, Chief Digital Officer de Swisscom.

C’est la quintessence de l’Impact Hub: réunir des gens qui évoluent dans des univers différents.

Mercredi matin, 6 mois plus tard, dans la même pièce: une quinzaine de personnes se servent de la salade au buffet fait maison, se demandent mutuellement «Qui es-tu?» et bavardent autour d’un repas pris en commun. Un ingénieur américain qui travaille pendant quelques semaines à distance depuis Berne, la créatrice d’une organisation qui aide les réfugiés à devenir entrepreneurs et un informaticien freelance s’entretiennent sur l’influence des médias sociaux en politique. Le membre du comité directeur d’une assurance interroge un concepteur de meubles sur l’engouement pour le «design thinking». Quant au collaborateur d’une start-up de glace végane, il discute avec une collaboratrice de Swisscom et une graphiste des possibilités de commercialisation de glace sans sucre pour les enfants.

C’est la quintessence de l’Impact Hub: réunir des gens qui évoluent dans des univers différents. Ils appartiennent à des start-up, des PME, de grandes entreprises ou à l’administration et cherchent à y créer un réseau. On ne se contente pas d’une location à l’Impact Hub, on en devient membre. Il ne s’agit pas de «co-working», autrement dit de travailler côte à côte, mais de «coworking», à savoir travailler ensemble pour créer la nouveauté.

L’idée n’est pas née à Berne, mais a vu le jour en 2005 à Londres. Un groupe de «social entrepreneurs» cherchait un lieu où travailler ensemble et constituer un réseau. Comme ils n’en ont trouvé aucun, ils l’ont finalement créé eux-mêmes: le premier Impact Hub était né. L’idée s’est propagée au cours des 10 années suivantes et un réseau mondial de plus de 80 hubs a vu le jour. Chaque lieu est néanmoins unique, marqué par ses créateurs respectifs, ses membres et la situation locale.

Le premier Impact Hub en Suisse a ouvert ses portes en 2010 sous les arches du viaduc à Zurich.

Le premier Impact Hub en Suisse a ouvert ses portes en 2010 sous les arches du viaduc à Zurich, suivi de Genève et de Berne. Les hubs suisses comptent plus de 1200 membres, parmi eux des start-up, des freelances, des non-conformistes, des innovateurs et des visionnaires. Ils viennent au Hub pour y travailler dans le coworking space ouvert ou pour utiliser les salles de réunion. Ils interagissent lors des nombreux événements, se soutiennent mutuellement ou lancent de tout nouveaux projets. L’Impact Hub soutient ses membres lors de la réalisation, grâce aux programmes les plus divers tels que le «Business Helpdesk» ou le «Summerpreneurship».

Cela fait longtemps que le joyeux mélange de l’Impact Hub attire également des collaborateurs de PME et de grandes entreprises.

Plonger et expérimenter

Cela fait longtemps que le joyeux mélange de l’Impact Hub attire également des collaborateurs de PME et de grandes entreprises: ils ne veulent pas passer à côté de ce que font les «jeunes loups» et surtout de comment ils le font, car ils bouleverseront le monde de demain. C’est précisément au niveau de cette interface que se situe également l’«Impact Academy» développée par l’Impact Hub. L’avenir du travail devient concevable grâce à des thèmes tels que les nouvelles formes d’organisation, la numérisation ou la génération Y.

Lors du premier Impact-Hub-Event, Nadja Perroulaz de Liip et Adi Bucher de Swisscom se sont exprimés sur scène. Ces deux représentants de sociétés établies ont déjà osé franchir le pas et introduit l’holacratie. Au milieu du popcorn, de la bière et de la musique live, ils ont ainsi répondu aux questions des participants: quel effet cela fait-il de se supprimer soi-même en tant que chef? Que se passe-t-il lorsque les collaborateurs assument vraiment toutes leurs responsabilités? Quand tous les salaires sont non seulement transparents, mais sont aussi négociés ensemble? On retrouve maintenant plus souvent bon nombre de participants au Hub, lors des événements ou pour le coworking. Car il est difficile de résumer dans un texte ou d’exprimer dans une discussion ce que représente l’Impact Hub: il faut s’y plonger et l’expérimenter.

Miriam Gantert