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L’habit fait le leader

Quelle sera l’évolution des codes vestimentaires du monde numérique en matière de tenue de travail? Et: l’apparence dans le monde de l’entreprise est-elle vraiment (encore) primordiale?

La réponse est la suivante: certes, notre apparence et la façon dont nous sommes habillés ne sont pas les seuls éléments importants pour être pris au sérieux dans le monde du travail et des affaires – mais ils peuvent certainement aider. Quand quelqu’un a une apparence convaincante, c’est-à-dire semble en harmonie sur le plan des vêtements, de la façon d’être, de la silhouette et de la coiffure, on est plus enclin à lui acheter des concepts, des idées ou des produits. Naturellement, le contenu et la substance des produits, messages et décisions doivent être tout aussi engageants.

Toutefois, les jours du costume classique sont de plus en plus comptés: aujourd’hui, les gens préfèrent travailler en jean et pull, plutôt qu’en chemise et veste. On n’y peut pas grand-chose, et d’ailleurs il ne faut rien faire, car les codes vestimentaires décon- tractés correspondent à notre époque, caractérisée par l’individualisme.

Malgré tout, le mépris du classique est quelque peu regrettable, car la garde-robe classique avait été développée par plusieurs générations de tailleurs pour donner à la plupart des gens une meilleure apparence grâce au tissu et à la coupe. Elle peut corriger des anomalies physiques, rendre des proportions plus harmonieuses et dissimuler une condition physique insuffisante.

Mais le classique relève les défis. L’image de ce qui correspond au «fait d’être bien habillé» est, comme tout dans ce monde, en constante évolution. Les photos de réunions d’affaires d’il y a 50 ans paraissent désespérément rigides et démodées. Même les années 1980 ont déjà l’air dépassé. Et l’évolution se poursuit sans cesse. Ainsi, la garde-robe professionnelle comprend aujourd’hui des éléments que nous aurions considérés il y a cinq ans comme des interdits évidents: un costume sans cravate, par exemple, donnait à l’époque l’impression d’être à moitié habillé, aujourd’hui c’est normal. Comme le t-shirt avec une veste.

„La garde-robe classique a été développée par des générations de tailleurs pour donner aux gens une meilleure apparence.“

La formule magique du moment, c’est «smart casual», ce qui signifie décontracté sans être négligé. L’expression désigne une forme de classique décontracté, dans lequel les principales caractéristiques de la garde-robe classique (chemise, pantalon, veste, cra- vate) continuent d’exister, mais sont adoucies.

Dans le monde des affaires, le «smart casual» devient de plus en plus la norme. Au lieu de costumes, on porte des associations libres de veste, chemise et pantalon ou des variantes détendues du costume. Le code vestimentaire hybride prisé «smart casual» allie l’utile et l’agréable. Autrement dit: il propose un juste milieu entre tenue professionnelle et tenue de loisirs. Pour que les entreprises traditionnelles puissent aussi don- ner une certaine impression de «new economy» et que les collaborateurs puissent passer, sans se changer, de la réunion au verre d’après le travail.

«Smart» signifie «futé» et se rapporte au look décontracté des «brainworkers» modernes, ces jeunes gens qui s’assoient devant leur ordinateur portable dans un café plutôt que dans un bureau paysager. On veut avoir l’air aussi intelligent et prometteur qu’une personne gravissant les échelons grâce à ses idées, et non en raison de son costume onéreux.

„Il nous reste à expérimenter la réunion de travail en jogging unisexe.“

Car le classique se nourrit des tenues sportives. Ainsi, de nombreuses chemises sont déjà composées de mélanges stretch ou réalisées en tissus techniques; même les costumes sont plus légers et élastiques que jamais, et certains sont mêmes cousus dans les mêmes tissus que les joggings. Il ne manque plus qu’une cool paire de baskets et on peut immédiatement et sans se changer passer du bureau à la salle de sport. Il ne reste qu’à inventer une façon de rester en forme sans transpirer. Je suis sûr que l’industrie pharmaceutique travaille déjà sur des offres «lifestyle» correspondantes. Pour homme comme pour femme.

Ou peut-être dirons-nous simplement à l’avenir neutre ou «gender-fluid»: pour les êtres humains?

Car ça aussi, c’est une constante de l’histoire récente de la mode: hommes et femmes ne cessent d’harmo- niser leur apparence. »

Jeroen van Rooijen | Texte Journaliste/concepteur dans le domaine de la mode et du style – www.vanrooijen.ch

Edition 2/2019

L’autorité du pliant en ville

Le vélo pliant – un produit des années 1970 tombé en désuétude – fait son grand retour. Après la trottinette, les petits vélos pliants offrent aux Londoniens, New-Yorkais et Zurichois un autre moyen de se rendre au travail. Aujourd’hui, il en existe aussi des versions électriques.

Cinq secondes et 19 centièmes – c’est le record du monde du temps de pliage d’un Brompton. Un Brompton n’est pas un vêtement, mais un vélo on ne peut plus anglais: la marque qui porte le nom d’un quartier de Londres est le plus grand fabricant de vélos du Royaume-Uni et est devenue culte à l’international.

Le vélo culte londonien
Les vélos Brompton sont aussi pratiques que solides. Leur mécanisme de pliage en trois temps, qui a fait leur renommée, transforme en 5 secondes (ou un peu plus) un vélo aux petites roues 16 pouces en un paquet de 60 sur 60 sur un peu moins de 30 cm. Une fois plié, le vélo peut être emporté en bagage à main en avion. Déplié, le vélo convient parfaitement à une utilisation quotidienne en ville. Il peut comporter jusqu’à huit vitesses. On peut y fixer d’un geste simple des sacs pour ordinateur portable et documents – fabriqués à la main et disponibles en plusieurs styles possibles, du plus élégant au plus vintage – sous le guidon. Le Brompton peut également être équipé d’un porte-bagages.

Le succès de la marque britannique n’est pas passé inaperçu et a inspiré la commercialisation de nombreux autres vélos similaires (ce qui n’est guère étonnant), dont certains se plient également en trois temps. Sur le vélo britannique, lors du pliage, la roue arrière se rabat devant l’axe transversal, à côté de la roue avant. Une fois plié, c’est le vélo le plus compact du marché.

Pliage en deux ou en trois temps?
Le gros point négatif du vélo Brompton, c’est son prix. La marque britannique créée à Londres il y a près de 55 ans est aujourd’hui la deuxième sur le marché, en nombre de vélos vendus, derrière sa cousine américaine «Dahon» née dans l’Illinois il y a près de 40 ans. Les vélos pliants américains se distinguent par un prix bien inférieur et la possibilité de choisir la taille des roues – qui varie entre 14 pouces (pour un vélo pesant environ 8 kg) et 20 pouces, pour un confort optimal. Une fois pliés, ils prennent cependant plus de place que le Brompton. L’entreprise taïwanaise Tern propose également des vélos de grande qualité qui se rapprochent, par leur mécanisme de pliage en trois temps, du Brompton ou, par leur design, du Dahon. Ce n’est pas un hasard, et c’est source d’un litige depuis plusieurs années: Tern a été créée par l’ex-femme et le fils du fondateur de Dahon, David T. Hon.

Depuis 2011, l’Europe compte aussi ses fabricants de vélos pliants, notamment Müller & Riese, firme allemande, et son vélo «Birdy». Ce vélo de luxe offre une suspension avant et arrière, des freins à disque et un mécanisme de pliage en trois temps encore différent qui lui permet d’être aussi compact que son concurrent britannique. Il faut toutefois y mettre le prix: alors qu’il faudra débourser quelques centaines de francs pour s’offrir un Dahon premier prix et que le vélo de base Brompton affiche déjà un prix à quatre chiffres, le modèle allemand est disponible à partir de 2600 francs.

La taille du vélo plié a été adaptée à l’espace généralement disponible sous les sièges des trains de banlieue, afin que les pendulaires des banlieues puissent venir à vélo jusqu’à la gare et transporter ensuite leur vélo jusqu’au bureau. Ce n’est pas un problème en Suisse car si le vélo est plié et rangé dans une housse (pour ne pas salir les sièges), il peut être transporté gratuitement dans les trains des CFF, au même titre qu’un bagage. Certains vélos sont livrés avec une housse et peuvent être tirés comme une valise une fois la tige de leur selle retirée, grâce à des roulettes se trouvant sur le côté ou que l’on peut ajouter – un atout non négligeable pour qui doit transporter un vélo de 12 kg sur les longs quais de gare suisses.

Des vélos électriques sans compromis Mais alors qu’il existe des vélos et trottinettes électriques disponibles partout en libre-service, quel est l’intérêt d’acheter un vélo? Tous ceux qui sont déjà arrivés en retard à un rendez-vous car ils n’ont pas trouvé de vélo ou de trottinette en libre-service pourront vous répondre.

Il existe des vélos pliants qui proposent aussi une assistance électrique. C’est même un produit suisse, le Flyer Pluto 3.1, qui est un pionnier en la matière. Il est cependant assez lourd (25 kg) et n’est pas particulièrement pratique une fois plié.

Le modèle Vektron de Tern est également remarquable, bien que moins performant que le Brompton électrique. Celui-ci se distingue par sa discrétion:
le vélo culte est équipé d’un moteur latéral pratiquement invisible et relativement léger dans la roue avant. Même la batterie se fait discrète: elle est placée dans un petit sac sur un support fixé sur la colonne de direction ou dans un porte-documents spécialement adapté. Pesant à peine 17 kg, le modèle E-Brompton reste très léger.

Nous l’avons constaté lors de notre test: les vélos pliants modernes sont un bon moyen d’éviter les infarctus précoces et d’arriver à l’heure à ses rendez-vous en ville. En version électrique, ils sont encore plus pratiques et sont (pour l’instant) généralement tolérés dans les bus et les trains.»

 

 

Zweifach- oder Dreifachfaltung?
Der grösste Nachteil der Bromptons ist ihr Preis. Die vor rund 55 Jahren in London gegründete Marke ist heute hinter dem knapp 40 Jahre alten amerikanischen Stiefbruder Dahon aus Illinois die Nummer zwei, was Stückzahlen angeht. Die amerikanischen Falträder zeichnen
sich aus durch deutlich günstigere Modelle und eine Auswahl verschiedener Radgrössen von winzigen 14-Zoll- (das entsprechende Faltrad wiegt gerade noch knapp acht Kilogramm) bis zu den auch in der Fahrt deutlich komfortableren 20-Zoll-Rädern. Sie sind zusammengefaltet etwas grösser als das Brompton. Daneben kommen aus Taiwan die ebenso hochwertigen Bikes der Firma Tern, deren Räder teilweise wie Brompton einen Dreifachfaltmechanismus aufweisen oder im Design nahe an den Dahon-Vorbildern liegen. Was kein Zufall, sondern Grund für einen jahrelangen Rechtsstreit ist: Gegründet wurde Tern nämlich von der Exfrau und dem Sohn des Dahon-Gründers David T. Hon.

Noch vor der äusserst erfolgreichen Marke Tern ab 2011 setzten auch in Europa Nachahmer auf das Faltrad, darunter Müller & Riese aus Deutschland
mit dem Birdy. Dieses De-luxe-Faltrad trumpft mit Federung vorn und hinten, Scheibenbremse und einem nochmals etwas anders gestalteten Dreifachfaltmechanismus auf, der es ähnliche Packmasse wie die Konkurrenz aus England erreichen lässt. Das hat allerdings seinen Preis: Während die Dahons ab einigen Hundert Franken zu haben sind und das Brompton in der Basisversion doch schon deutlich über 1000 Franken kostet, gibts den Deutschen Faltvogel erst ab einem Grundpreis von 2600 Franken.

Massstab für die Packgrösse war bei allen Herstellern das Volumen, das unter den Sitzen typischer Vorstadtzüge zur Verfügung steht, damit Pendler aus Suburbia sportlich zum Bahnhof und in der City zum Büro radeln können. Das ist übrigens auch in der Schweiz kein Problem: Solange das Fahrrad nicht aussieht wie ein Fahrrad und in irgendeiner Form von Hülle steckt (damit keine Sitze beschmutzt werden), kann es wie ein Gepäckstück kostenlos in SBB-Zügen mitgeführt werden. Einige Bikes werden daher gleich mit Überwurfhülle geliefert und lassen sich zusammengefaltet am ausgefahrenen Sattelrohr auf den parallel stehenden oder eigens dafür montierten Stützrädchen schieben wie ein Rollkoffer. Bei einem Gewicht um die zwölf Kilo ist das auf den langen Wegen der Schweizer Bahnperrons durchaus zu begrüssen.

E-Bikes ohne Kompromisse Bleibt die Frage, warum man sich angesichts der überall herumstehenden Leihfahrräder und Elektroroller als Pendler überhaupt noch ein Velo anschaffen soll. Das kann jede und jeder beantworten, die oder der schon mal einen Termin verpasst hat, weil man sich auf die Free-Floating-Verleihfahrzeuge verlassen und keins gefunden hat.

Auf den elektrischen Rückenwind muss übrigens auch bei den Falträdern nicht verzichtet werden: Hier ist mit dem Pluto 3.1 sogar ein Schweizer Produkt des E-Bike-Pioniers Flyer am Start. Es ist allerdings mit 25 Kilogramm eher schwer und zusammengeklappt nicht besonders handlich.

Eher in die Faltveloklasse passt da noch die Serie Vektron von Tern, vor allem aber die elektrifizierte Variante des Brompton. Daran fällt auf, dass nichts auffällt: Dem Kultbike wurde ein praktisch unsichtbarer und relativ leichter Nabenmotor im Vorderrad spendiert – und auch das Akkupack bleibt unsichtbar: Es wird in einer kleinen Tasche an den Halter an der Lenksäule geklickt – oder in eine speziell adaptierte Aktentasche integriert. Mit nicht einmal 17 Kilogramm ist das E-Brompton immer noch sehr leicht.

Uns hat der Selbsttest gezeigt: Die modernen Falträder sind ein probates Mittel gegen frühen Herzinfarkt und späte Ankunft in der Innenstadt; in der E-Version noch dazu sehr bequem und generell in Bus und Bahn (noch) gut geduldet.»

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Cyberattaques: n’importe qui peut en être victime

Les braquages de banque, c’est has-been. Aujourd’hui, quand on veut se faire de l’argent rapidement, pas besoin d’outil, de pistolet ni de voiture pour partir en cavale. Une bonne connexion à internet et une appétence pour les activités criminelles suffisent. Les hackers sont partout et peuvent attaquer n’importe qui.

Enfin le week-end! Sascha, entrepreneur dans le bâti­ment, veut établir quelques factures au bureau. Mais l’écran de son ordinateur ne s’allume pas. Un message finit par apparaître, lui demandant de transférer 2 bit­coins, soit environ 7000 francs, sur un compte, sinon tout son ordinateur restera bloqué. Sascha est pris de panique. Il est visiblement victime d’une cyberattaque. Que faire?

Un virus présent dans la pièce jointe d’un e-mail s’est diffusé sur l’ensemble du réseau d’un hôtel familial. Son propriétaire, Beat, est désespéré. Tout est bloqué: les clés des chambres ne fonctionnent plus. Il ne peut pas prendre de réservations ni émettre des factures. Même le planning des salariés n’est plus disponible. Qui va compenser sa perte de revenus?

Regula, fiduciaire, fronce les sourcils devant son ordi­nateur: d’où viennent ces factures? Elle comprend alors que sa plus grande crainte s’est réalisée: un hacker s’est emparé de ses codes d’accès à sa banque en ligne au moyen d’un logiciel prétendument utile. Et le pire, c’est qu’il n’a pas pris de l’argent que sur le compte de l’entre­prise, mais également sur le compte de différents clients. La fiduciaire doit-elle maintenant déclarer faillite?

Les PME sont particulièrement vulnérables
Ces trois exemples sont caractéristiques des risques encourus par les PME sur internet. Ce sont les entre­prises de 10 à 50 salariés qui sont les plus vulnérables. Elles sont d’une taille suffisamment importante pour intéresser les hackers, mais trop petite pour avoir recours aux services d’un spécialiste en interne.

„Ce sont les entreprises de 10 à 50 salariés qui sont les plus vulnérables.“

D’après une étude de la Zurich Assurance, deux PME sur cinq ont déjà été victimes d’une cyberattaque. Dans 39% des cas, cela a entraîné une interruption totale de l’activité: commandes en suspens, retards pour les clients ou encore interruption de la production.

Souvent les collaborateurs aident les hackers sans le vouloir. De fait, les e-mails sont la première porte d’entrée des cyberattaques Le phishing imite de ma­nière très professionnelle les e-mails d’entreprise, tant sur le fond que sur la forme, et est donc difficile­ment identifiable.

Un virus reçu par ce biais peut non seulement endom­mager le système, mais également permettre la diffusion de numéros de cartes bancaires de clients sur des sites spécifiques ou le retrait d’argent. Ces attaques peuvent ainsi entraîner des dommages encore plus importants pour l’entreprise, tant sur le plan financier que sur le plan de sa crédibilité.

„Les e-mails sont la première porte d’entrée des cyberattaques.“

Les cyber-risques sont de la responsabilité des cadres
Malheureusement, même les meilleures mesures de sécurité ne permettent pas de se protéger totalement contre les cyberattaques. Il est possible de limiter ce risque en formant ses collaborateurs et en gérant son système informatique de manière professionnelle. Il est également important d’être prêt en cas d’attaque. Il convient donc de sécuriser ses données en conséquence, si possible chaque jour. La sauvegarde doit également être stockée en dehors du réseau afin que les logiciels malveillants ne puissent y avoir accès.

Il est par ailleurs utile de souscrire des assurances contre les conséquences dramatiques des cyberattaques. Une bonne assurance ne couvre pas seulement les coûts directs et indirects des cyberattaques, mais as­sure également une protection en cas de réclamation de tiers et dispose d’un large réseau de spécialistes. Ce n’est pas qu’une question d’informatique: les consé­quences de ces attaques peuvent menacer l’existence même des entreprises. C’est pourquoi les cyber-risques relèvent de la responsabilité du patron, ou au moins de la direction de l’entreprise. »

 

Réduction de 10% sur une assurance contre les cyber-risques
Vous trouverez toutes les informations relatives aux offres de la Zurich Assurance sur zurich.ch/partner. Vous pouvez y calculer votre prime et concevoir votre offre personnalisée.

Vacances sous la tente pour les familles de LOHAS

Un mot-valise décrit la forme récente des vacances traditionnelles sous la tente: le «glamping» est constitué des mots «glamour» et «camping». Les vacances dans des hébergements confortables installés à demeure dans un camping ont notamment les faveurs des familles ayant opté pour un style de vie durable.

«Le matin tu te retournes sur ton matelas pneumatique à causes des douleurs lombaires et tu te prends aussitôt une toile de tente froide et trempée en pleine figure – ce n’est plus de mon âge», explique Tanja K. Cela n’empêche pourtant pas cette maman de deux garçons de cinq et sept ans d’être sensible au côté romantique du camping. «Il s’agit de vivre quelque temps à l’air libre, de ressentir directement la nature et de se détacher des règles strictes de la routine <civilisée>.»

Ses fils doivent également en faire l’expérience et ils attendent donc avec impatience les jours de vacances prévus au camping de Sion dans le Valais. Tanja et son mari y ont loué une tente bungalow pour une semaine. «On peut s’y tenir debout, il y a plusieurs cabines et une kitchenette avec un réfrigérateur.» Le même camping propose des hébergements encore beaucoup plus luxueux, «mais ils étaient déjà tous réservés lorsque nous avons opté pour ce type de vacances au début de l’été.»

 

Le glamping, la combinaison de glamour et de camping, a le vent en poupe. Le TCS, principal exploitant de campings en Suisse avec 23 établissements, a complété son offre d’emplacements purs par des installations fixes: «AirLodges», «Bungalows», «Cabanes», «Family Pods Deluxe», «Mobilhomes» et «Tentes-safari deluxe». L’effet est double: premièrement, il attire une nouvelle clientèle qui réservait plutôt ses vacances à l’hôtel ou dans des appartements de vacances. Deuxièmement, la rentabilité est nettement améliorée grâce à cette forme plus confortable, mais aussi plus onéreuse, du camping, non seulement à cause du chiffre d’affaires plus élevé au mètre carré, mais aussi parce que les hébergements plus résistants aux intempéries sont utilisés beaucoup plus longtemps que les emplacements de tentes. «Les chiffres», explique le directeur général du TCS Jürg Wittwer, «attestent très clairement que nous sommes dans l’air du temps et que nous répondons aux besoins de la génération actuelle de campeurs.»

La «Tente-safari deluxe» est meublée et parquetée …

Nous vivons en pleine ville et n’avons ni voiture ni matériel de camping.

Plus que confortable

Et ces besoins vont bien au-delà d’un simple excès hédoniste de la société de consommation. Celui qui y regarde de plus près verra que le glamping est apprécié notamment par la jeune génération avec un «lifestyle of health and sustainability» (LOHAS). Car la charge matérielle pour ce type de camping est globalement moindre et il est par exemple possible d’arriver en transports publics: «Nous vivons en centre-ville et cela fait des années que nous n’avons plus de voiture et encore moins de tente ou d’équipement de vacances», explique Tanja. «Nous aurions dû acheter ou emprunter les tentes, matelas pneumatiques, et tout l’équipement restant pour une semaine de vacances.» L’offre de glamping serait une possibilité idéale pour les gens ayant adopté un style de vie durable, pour expérimenter ce type de vacances, tout en ayant l’empreinte carbone la plus faible possible: «Nous avons même expédié nos bagages à Sion avec le service bagages des CFF et avons ainsi pu nous rendre en Valais en toute sérénité avec les enfants.»

…et une kitchenette complète.

Le glamping est répandu parmi leurs amis, explique cette cadre moyenne d’un grand groupe suisse. Cela fait longtemps que les familles modernes déjà habituées à une flexibilité maximale et à une joignabilité constante dans leur vie professionnelle sont plus proches de l’économie du partage que de la mentalité des jardins ouvriers de la génération d’après-guerre. AirBnB, Uber et Mobility ont été les pionniers, le glamping joint l’utile à l’agréable et à la tendance économique: utiliser et louer plutôt qu’acheter et laisser traîner, comme la caravane qui occupe la place de stationnement devant la maison 50 semaines sur 52.

Le «tipi» donne l’impression de vivre comme des indiens.

Ce n’est qu’un début

Le TCS a identifié cette tendance et a complété ses campings avec ces nouveaux hébergements et l’ensemble de l’offre, selon leur emplacement et le public ou leur conception. «Mais le glamping inclut aussi d’autres offres», explique Oliver Grützner, responsable loisirs et tourisme au TCS, «qu’il s’agisse d’un restaurant attrayant dans le camping, d’un espace wellness, d’une importante offre de loisirs, d’un espace aquatique et d’une grande attention aux détails. En Suisse, nous ne sommes qu’à l’aube de cette évolution.»

La famille de Tanja a en tous cas apprécié la semaine de glamping à Sion, les deux garçons sont enthousiasmés par la vie sous la tente. Et pas seulement parce qu’ils n’ont pas eu de douleurs lombaires dans les lits de camp le matin et qu’ils ne se sont pas pris la toile de tente humide en pleine figure.

Peter Bergmann

De l’association des contremaîtres à l’ASC

125 ans d’histoire en documents et objets

L’Association suisse des cadres (ASC) fête son 125 e anniversaire en 2018. Fondée en 1893, l’ASC est passée du statut d’association des contremaîtres à celui d’association économique multibranches, en charge de la défense des intérêts des cadres en Suisse. Notre photographe a illustré l’histoire mouvementée de l’association sur carton et cuir (image ci-dessus), ainsi qu’au travers de différents objets.

 

Le «Journal des contremaîtres», l’organe fédératif de l’association initiale.

Les broches sont depuis toujours un symbole d’appartenance apprécié et discret des coalitions, associations ou syndicats: voici le premier «pins» filigrane de l’association des contremaîtres: un «W» et «V».

Une séance du comité central en 1979: la table imposante a conservé sa place dans la salle de réunion de l’ASC.

En 1918, la section Winterthour a édité une carte postale photographique pour célébrer son 25e anniversaire.

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Quand l’innovation et le développement durable rencontrent le design

JUNGLE FOLK

La philosophie à la base du label Jungle Folk consiste à fabriquer et vendre des vêtements pour femmes intemporels, en matériaux de qualité. Des vêtements qui transmettent des ondes positives aux gens: aussi bien la cliente qui les porte parce qu’elle s’y sent bien que ceux qui les fabriquent, car ils représentent bien plus dans la production que seulement des machines qui exécutent quotidiennement les mêmes mouvements. Jungle Folk travaille en étroite collaboration avec des couturières et des artisans dans le monde entier. La collaboration avec Jungle Folk leur assure un développement durable, grâce à une rémunération équitable d’une part, et à leur intégration dans le processus de développement d’autre part.

Une fabrication écologique et équitable

Lorsque Pauline Marie Treis, la créatrice de Jungle Folk, a commencé à s’intéresser au secteur de la mode, elle a eu un choc. Non seulement parce que ce secteur se classe deuxième, juste derrière le pétrole, en termes de pollution, mais aussi parce que des gens dans le monde entier travaillent dans des conditions souvent proches de l’esclavage pour que le «monde développé» puisse acheter des vêtements bon marché. À l’époque, Pauline Treis a effectué de nombreux voyages en Amérique latine, et la pauvreté qu’elle y a vue l’a touchée. Sa motivation première pour créer un label de mode équitable était donc très personnelle. Elle a commencé à projeter et à produire des collections avec de petites coopératives et des partenaires dans le monde entier, dans le respect de la devise «Trade not Aid».

La créatrice est extrêmement exigeante dans le choix des matériaux et elle est très attentive à leur provenance; les pièces de Jungle Folk sont exclusivement fabriquées dans des tissus certifiés écologiques et équitables. En termes de design, la jeune femme développe des coups de cœur portables. Elle a pour volonté de concevoir des vêtements que les femmes aiment et qu’elles portent donc régulièrement. Car c’est également l’un des aspects du développement durable à ses yeux: il ne s’agit pas de créer des pièces aussi farfelues que possible, qui seront portées une fois et prendront ensuite la poussière dans un placard, estime la créatrice.

Elle qualifie ainsi fort à propos de «Never Out Of Season» les pièces intemporelles qui figurent en permanence dans sa collection. Les clients savent ainsi qu’ils peuvent retrouver sans cesse certaines pièces. Par exemple quand la blouse bleue Olivia devient la pièce qu’on préfère et qu’on souhaite avoir la même en noir. Jungle Folks fabrique en outre des éditions limitées de pièces plus élaborées, qui demandent beaucoup de savoir-faire, par exemple en matière de tricot, de macramé ou de bijoux.

Il ne s’agit pas de créer des pièces aussi farfelues que possible qui seront portées une fois et prendront ensuite la poussière dans un placard.

Pauline Treis voit Jungle Folk comme une sorte de communauté dans laquelle les «faiseurs» sont liés aux clients finaux. L’entrepreneuse essaie sans cesse de développer cet aspect. Ainsi, elle recherche constamment de nouveaux producteurs ayant des matériaux ou des techniques spéciaux. Elle collabore exclusivement avec des producteurs petits et moyens, qui peuvent lui garantir la transparence. La créatrice rêve de responsabiliser et de relier des gens dans le monde entier à l’avenir. Dès à présent, elle travaille avec des coopératives sur la côte Caraïbe de la Colombie, dans les Andes péruviennes, au Nord de l’Inde ou en Bosnie. La trentenaire souhaite instaurer une nouvelle forme de transparence dans le secteur de la mode en permettant aux clients d’en savoir plus sur un vêtement et sur sa fabrication en ligne.

La reconversion et ses enjeux

Pauline Treis a débuté dans l’univers de la mode dans le cadre d’une reconversion. Peut-être s’est-elle précipitée un peu naïvement, estime la jeune femme qui n’avait aucune expérience de la mode ni de l’économie. Mais elle a beaucoup appris les premières années, explique-t-elle. Au fil du temps, elle a professionnalisé la marque et lui a permis de croître jusqu’à ce qu’elle correspondance à ce qu’elle s’était imaginé.

Les pièces de Jungle Folk sont exclusivement fabriquées dans des tissus certifiés écologiques et équitables.

Ce véritable «one women show» a parfois été difficile à gérer compte tenu de l’ampleur de la tâche, se souvient Pauline Treis. L’élaboration des designs, les prototypes, le développement des tissus et les commandes, la logistique, la vente et le site Internet. Ce défi a permis à la jeune entrepreneuse de progresser dans de nombreux domaines. Et il lui a valu la croissance organique requise pour mettre en place les structures qui lui permettent désormais de contrôler la création et l’ensemble de la production des pièces de Jungle Folk.

Pauline Marie Treis
créatrice de Jungle Folk

SELFNATION

Il n’est pas facile de trouver des vêtements adaptés, et quasiment impossible de trouver des jeans qui vont bien. Une étude a montré que les femmes essayaient en moyenne 18 jeans et les hommes 12 avant d’en trouver qui conviennent. C’est exactement ce qu’ont vécu les créateurs de SELFNATION, Andreas Guggenbühl et Micheal Berli, quand ils allaient acheter des jeans avec leurs amies. L’expérience virait souvent à la frustration, à force d’essayer de nombreux jeans et de n’en trouver aucun qui aille vraiment. C’est à partir de cette anecdote qu’est née en 2013 Selfnation, la marque des jeans parfaits sur mesure, conjointement avec le Creative Director Sandra Guggenbühl et une designeuse.

Une personnalisation pour chaque client

Avec deux créatifs berlinois, Guggenbühl et Berli ont développé leur innovation absolue, qui allie design et technologie. Ils l’ont fait en ayant toujours en tête leur vision révolutionnaire: créer un jean parfait, associant style, confort et une coupe parfaite. Après de longues nuits de labeur, l’idée a donné naissance à un algorithme spécial à partir duquel un patron individuel est créé pour chaque client après saisie de ses mensurations.

Les manufactures fabriquent quotidiennement des pièces uniques personnalisées, en appliquant les techniques traditionnelles de la couture.

Deux choses sont requises pour passer commande: un mètre ruban et un accès Internet. Une vidéo guide le client pas à pas le long du processus de prise de mesures. Lorsque celui-ci est achevé, un modèle en 3D du bas du corps est créé en quelques secondes. On contemple ainsi pour la première fois son propre pantalon dans une perspective à 360°. On peut voir le pantalon sous toutes ses coutures, comme devant un miroir. Pour cette expérience unique, SELFNATION utilise une technologie plusieurs fois primée et développée à l’EPF Zurich. Le résultat: avoir son pantalon préféré qui ne sied comme aucun autre!

Le développement durable est essentiel

Les manufactures de SELFNATION fabriquent quotidiennement des jeans et des chinos uniques personnalisés, en appliquant les techniques traditionnelles de la couture.» Le développement durable est essentiel: SELFNATION achète tous les ingrédients et le denim en Allemagne, en Suisse ou en Italie. Les boutons de pantalon proviennent par exemple d’une entreprise métallurgique de 120 ans à Wuppertal en Allemagne, et les étiquettes en cuir d’une petite société dans le Nord-Est de l’Italie.

Premier fabricant de denim au monde, Italdenim fait partie du Greenpeace Detox Commitment, garantissant ainsi l’utilisation exclusive de matériaux sans substances nocives. Le denim est fabriqué au nord de Milan grâce à un procédé de tissage spécial du coton, et il contient en outre une petite part d’élasthanne. Cette combinaison confère au jean une sensation de confort tout au long de la journée.

Grâce à un algorithme spécial, un patron individuel est créé pour chaque client après saisie de ses mensurations.

La durabilité est également assurée par la production sur demande. Sur l’ensemble des vêtements produits dans le monde, 20 à 30% ne sont jamais vendus ou portés et finissent directement aux ordures. Ce n’est pas le cas avec SELFNATION. Car ce n’est qu’après avoir passé commande dans la boutique en ligne que l’entreprise réalise le patron et produit le pantalon, minimisant ainsi les excédents de matériaux de qualité.

Matteo Delbrück
Head of Marketing SELFNATION


ON

Les chaussures de running On combinent ce que des chaussures conventionnelles ne parviennent pas à associer. La chaussure de running suisse qui stupéfie encore le monde de la course à pied est née d’une idée révolutionnaire. La chaussure On procure une nouvelle sensation de running, axée sur le plaisir.

Quelle est la philosophie à la base des chaussures On?

Nous sommes persuadés que nous sommes nés pour courir, mais pas sur un sol dur. C’est pourquoi nous nous sommes intéressés à nos besoins de coureurs à pied: un atterrissage en douceur combiné avec une poussée ferme représente le principe de base de la technologie Cloud brevetée de nos chaussures On. Autrement dit, les chaussures n’amortissent que quand un amortissement est requis. Cela se traduit par une sensation de course particulière, que les débutants et les athlètes de haut niveau apprécient pareillement et qui fait tout simplement plaisir!

Les chaussures sont engineered in Switzerland à 100%.

Qu’est-ce qui rend ces chaussures de running uniques?

Les chaussures de running On combinent ce qui ne pouvait pas être associé jusqu’à présent: une chaussure d’entraînement souple et entièrement amortie qui permet au coureur d’atterrir en douceur, et une chaussure de compétition ferme qui pousse vers l’avant. Les chaussures soutiennent ainsi un mouvement naturel. Elles sont engineered in Switzerland à 100%, notre siège principal est à Zurich, et présentent un design minimaliste: aucun élément de la chaussure n’est uniquement décoratif, chaque détail remplit une fonction. On a déjà remporté plusieurs prix de design et de technologie, notamment le Prix Design Suisse et l’ISPO Product Of The Year Award pour la meilleure chaussure de running performante.

Qu’est-ce qui a incité les créateurs à développer la chaussure de cette manière?

Comme précisé ci-dessus, nous étions persuadés que l’amortissement devait être plus astucieux. Nous réalisons le nouveau mode d’amortissement avec des éléments en caoutchouc ingénieux (nous qualifions les éléments creux de «clouds»), qui sont devenus la marque de fabrique de la société On. Au début, tous nous ont dit que nous étions fous, mais après avoir essayé les chaussures, nous avons régulièrement entendu: «la sensation est très différente». C’est d’ailleurs de ces premières réactions qu’est né le nom de notre marque: «it feels different, it feels like switched on», nous ont déclaré les premiers coureurs tests. Notre logo On est donc un commutateur positionné sur «On», mais vous avez dû vous en rendre compte par vous-même.

Aucun élément de la chaussure n’est uniquement décoratif, chaque détail remplit une fonction.

Quelle est la vision, le souhait pour l’avenir? Quelle est l’évolution?

Nous sommes actuellement la marque de chaussures de running qui compte le plus grand nombre de nouveaux fans dans le monde. Nous en sommes bien sûr très heureux et souhaitons pouvoir continuer à susciter l’enthousiasme de nombreux coureurs avec le feeling de course On. Nous allons desservir de nouveaux marchés dans les prochaines années et développer notre marque à l’international. En plus de notre siège principal à Zurich, nous avons d’autres sites à Portland (Oregon, États-Unis), Yokohama (Japon) et Melbourne (Australien). Les chaussures On sont actuellement disponibles dans plus de 50 pays dans le monde grâce à de très bons canaux de distribution.

David Allemann
cofondateur de On

Avec passion et l’amour du détail

Monika Walser a rejoint de Sede en 2014. Sa principale mission: faire sortir la manufacture de mobilier domiciliée à Klingnau des chiffres rouges et l’aider à retrouver son lustre d’antan. Un défi! Mais Monika Walser l’a pris à bras-le-corps et a retrouvé la voie du succès en l’espace de trois ans. Comment a-t-elle réussi et qu’est-ce qui motive la société aujourd’hui? Monika Walser donne un aperçu de sa stratégie, de la situation actuelle, mais aussi de l’avenir de la manufacture de tradition suisse.

«Ce ne fut pas une tâche facile au printemps 2014. Mais aujourd’hui, quand je regarde en arrière, je suis incroyablement heureuse d’avoir pu relever ce défi et aider la société de Sede à retrouver la place qui lui revient: celle d’une entreprise aux collaborateurs motivés et passionnés, d’une manufacture de tradition riche d’une histoire mouvementée et inoubliable et d’une manufacture innovante à qui l’on doit des inventions révolutionnaires dans le segment des meubles rembourrés», explique Monika Walser, CEO de de Sede.

Retour de la découpe du cuir en Suisse

À peine arrivée, cette Argovienne de 52 ans a pris l’une des décisions les plus importantes et les plus mobilisatrices d’investissements: rapatrier en Suisse la découpe et l’achat du cuir précédemment délocalisés. «Cette décision était indispensable à mes yeux afin de garantir notre standard de qualité suisse élevé et d’économiser des coûts à long terme. Une peau en cuir est pour nous comme un lingot d’or et doit être traitée en conséquence. C’est pourquoi la découpe du cuir est très importante pour la qualité des meubles fabriqués», affirme Monika Walser. Il y a encore trois ans, le centre du cuir était externalisé en Allemagne, pour des «questions» de coûts. Les chutes étaient beaucoup trop nombreuses sur les peaux en cuir de bovin valant jusqu’à 1500 francs. Depuis que le centre du cuir est de retour à Klingnau et travaille avec une nouvelle machine de découpe laser, les chutes ont diminué de moitié. «Cela a d’abord nécessité quelques explications: commencer par acheter une machine coûteuse dans une entreprise qui allait aussi mal. Mais à long terme, l’investissement a été plus que rentable…», confirme Monika Walser.

La décision n’a pas seulement eu de fortes implications en termes d’investissement, elle a également été une épreuve de vérité vis-à-vis des collaborateurs. Les nombreux dirigeants qui se sont succédés à la tête de l’entreprise au cours des années précédentes ont souvent beaucoup parlé, mais n’ont finalement pas fait grand-chose. «Personne ne voulait ni ne pouvait me croire à l’époque que le plan serait véritablement concrétisé. Mais après deux mois, le moment était venu. La machine de découpe laser a été installée. Après quelques essais et réglages, nous avons commencé la découpe et la glace avec les collaborateurs a été rompue en une première étape», se souvient Monika Walser. Et voici le deuxième grand pilier sur lequel elle a misé: les collaborateurs. Les principes de base de la communication de Monika Walser avec les collaborateurs reposent sur la transparence, l’honnêteté et la franchise. «Notamment au début, nous avons multiplié les rencontres. Pas seulement la direction, mais toute l’entreprise – qu’il s’agisse de collaborateurs du service externe ou de tapissiers. Nous avons écouté et pas simplement pris des décisions par-dessus la tête des collaborateurs. Nous avons communiqué directement et en toute franchise sur les aspects positifs, mais aussi négatifs. Cette nouvelle façon de communiquer n’a évidemment pas été bien perçue par tous les collaborateurs, car bon nombre d’entre eux n’étaient pas habitués à cette franchise et ne savaient pas gérer la critique et les discussions qui ont suivi et cela reste encore un problème aujourd’hui. Mais je pense que c’est précisément la base d’une collaboration réussie. Parfois, nous avons des discussions animées lors des réunions et c’est nécessaire, car un dialogue passionné débouche sur de bons arguments qui nous aident à progresser», s’amuse Monika Walser.

Montrer au monde ce qui se passe chez nous

La manufacture de mobilier brille aujourd’hui avec une collection de plus de 90 pièces conçues par des designers: canapés, fauteuils, divans, banquettes, chaises et tables exclusivement produits en Suisse avec un savoir-faire artisanal exceptionnel et beaucoup d’amour du détail. «Nous sommes à deux doigts d’être dans le vert, mais c’est loin de nous suffire. C’est pourquoi nous allons une nouvelle fois revoir tout le fonctionnement de la manufacture avec mon équipe de direction. Notre marque doit non seulement être connue, mais aussi susciter des émotions. Quand on possède un meuble rembourré de Sede, on doit sentir tout ce travail manuel réalisé avec amour. On doit sentir le travail précieux du cuir et la qualité des coutures. On doit voir tout le savoir-faire des designers qui a été nécessaire.

Pour déclencher de telles émotions, nous misons sur deux grandes maximes, ou comme j’aime à le dire deux moitiés de cœur. La première est la manufacture. Elle doit être entretenue et choyée. Notre artisanat se transmet depuis des générations et il restera déterminant à l’avenir. De Sede doit être synonyme de travail manuel et inversement. Ce serait parfait et cela annonce parallèlement la deuxième maxime: nous voulons devenir une société de médias et diffuser notre expérience de marque dans le monde entier. On peut voir notre société de médias comme une grande maison en verre, tout est transparent et peut être expérimenté et observé. Notre maison en verre produit des contenus «non stop» propagés par tous les canaux imaginables: des supports imprimés aux contenus en ligne avec une nouvelle page d’accueil et les médias sociaux jusqu’à des campagnes supplémentaires. Notre objectif consiste à montrer au monde entier ce qui se passe chez nous et à inciter les gens à parler de nous. Comment se présente notre production? Qu’est-ce qui est typiquement de Sede? Comment nos tapissiers exercent-ils leur artisanat? Que se passe-t-il précisément en cet instant? Un compte rendu en direct de notre entreprise serait idéal, tout comme les visites quotidiennes de la manufacture sur place. Pour une mise en œuvre professionnelle de cette nouvelle approche, nous avons engagé un Storyteller qui analyse notre manufacture en détail afin de pouvoir formuler des recommandations en vue d’une mise en œuvre idéale. D’innombrables histoires formidables voient ainsi le jour. L’histoire est notamment une partie importante et passionnante et doit simplement être communiquée, révèle le CEO.

DS-600

Des modèles révolutionnaires

De Sede produit des meubles rembourrés depuis plus de 52 ans. Durant ce demi-siècle, l’entreprise a lancé plus de 500 modèles différents. Parmi ceux-ci figurent des pièces de designers célèbres, comme le DS-600 lancé en 1972 qui fête cette année ses 45 ans. Aujourd’hui encore, ce canapé sans fin est un bestseller et attire immédiatement les regards. Le modèle DS-47 figure également en tête des ventes. Lors de son lancement en 1976, le stand à la foire IMM Cologne a dû être temporairement fermé, tant l’affluence provoquée par ce nouveau modèle était forte. Le DS-47 a non seulement tapé dans le mille, mais était également un précurseur en termes d’innovation. Un cuir Neck d’une épaisseur de 6 mm a été utilisé pour la première fois pour un meuble rembourré. Chaque peau étant unique, il s’agit d’une pièce d’amateur qui confère au meuble une aura rustique et prononcée incomparable. Le développement a été un véritable casse-tête, car une peau en cuir d’une telle épaisseur n’est pas facile à travailler et aucun autre fabricant de meuble n’y était parvenu à cette époque.

DS-47

L’invention du dossier rotatif à 360° par Hugo de Ruiter sur le modèle DS-164 a par ailleurs été révolutionnaire. Lors du développement du produit, de Sede a misé sur l’ADN typique de la marque, mais aussi sur le public visé et ses besoins. Grâce à dossier pouvant pivoter sur 360°, les usages du canapé sont multiples: il permet par exemple de jouir de la vision panoramique par la fenêtre, mais aussi de passer une soirée confortable devant la télévision, disposée de l’autre côté.

DS-164

Jalons d’avenir

Il reste encore bien d’autres modèles et innovations passionnants auxquels le Storyteller redonne vie. Mais il n’y a pas que l’histoire, l’avenir est également prometteur. De nombreux projets qui feront les gros titres sont prévus. Un showroom flambant neuf sera ouvert le 23 septembre à Los Angeles. Il sera géré en partenariat avec la designer suisse Laura Basci. C’est une créatrice de mode talentueuse, qui a commencé sa carrière à Hollywood en faisant la plonge et qui habille désormais des vedettes du cinéma et de la musique lors des défilés sur tapis rouge. «L’ouverture sera une étape importante pour nous. Il n’y a encore jamais eu chez de Sede une collaboration comme avec Laura et cela aura un impact considérable sur notre marché aux États-Unis», explique Monika Walser. Un autre temps fort est prévu le 23 octobre, avec le vernissage de la marque de Sede. «Ce sera pour nous l’une des journées les plus importantes de l’année, car nous réunirons définitivement les deux moitiés de notre cœur, la manufacture et tous les éléments de la société de médias. Nous ne serons évidemment pas encore une société de médias à part entière en l’espace de quelques semaines, mais toutes les fondations auront été posées. Et nous nous réjouissons déjà à l’idée d’enthousiasmer nos clients, revendeurs, partenaires, collaborateurs, amis et le monde entier avec notre stratégie…», précise Monika Walser.

Monika Walser

Cette Argovienne dirige la manufacture de mobilier de Sede AG depuis le 2 avril 2014. Elle a débuté sa formation professionnelle par un apprentissage de couturière en haute couture en Argovie. Elle a suivi différents cursus universitaires, par exemple un master en communication et en éthique et a travaillé pour différentes entreprises, notamment comme dirigeante du fabricant de sacs zurichois Freitag.

 

Melanie Schell

 

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Pilote de moto: un modèle de travail légèrement différent

Concourir comme pilote de moto sur un engin de 200 CV roulant à 250 km/h dans l’une des catégories les plus compétitives, être ambassadrice de marque, sportive de haut niveau, mère de deux adolescents et entrepreneure indépendante ne constitue pas un modèle de travail classique, il faut bien le reconnaître.

Dire que les femmes maîtrisent le «multitasking» sur le bout des doigts ne suffit pas pour réussir dans toutes ces disciplines. Il faut quelques qualités supplémentaires: une focalisation permanente sur les objectifs, une passion dévorante, la volonté de sortir des sentiers battus, de la persévérance, un partenaire solide et une famille sur laquelle se reposer.

Je ne sais pas ce qu’un modèle de travail classique peut encore bien signifier aujourd’hui, alors que tant de choses évoluent et que nous traversons une époque justement marquée par de nouvelles orientations. J’ai le sentiment que mes deux activités d’entrepreneure et de pilote de moto ont plus de points communs qu’on ne pourrait le penser à première vue. Car pour réussir dans ces deux domaines, il faut beaucoup plus qu’un petit peu de tout. Je ne peux pas seulement me contenter «d’un peu…» – j’ai pour devise: tout ou rien. Et si oui, alors avec toutes mes tripes. Qu’il s’agisse de passion, voire d’obsession, cet engagement absolu au service de l’objectif est une condition sine qua non à la réussite dans l’entreprise et dans le sport. Mais comme partout, il y a aussi des inconvénients: cette partie de ma personnalité n’est pas toujours commode. Elle peut même être épuisante pour tous ceux qui m’entourent. Mais au final, c’est précisément ce mordant qui fait la différence.

Chaque jour implique de fixer et de respecter des priorités pour mes entreprises, la commercialisation de ma personne, le sport et la famille, autant de défis que j’apprécie. Car je me réjouis chaque matin de la nouveauté, des possibilités passionnantes et inespérées. Et de préférence à plein régime!

Sabine Holbook